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Nutrition & Syndrôme métabolique

Médecin nutritionniste à Paris 16ème, le Dr Chicheportiche-Ayache vous présente le syndrôme métabolique, ses conséquences et les principes de sa prise en charge thérapeutique.

Le syndrome métabolique n’est pas une pathologie à proprement parler mais plus un ensemble d’anomalies cliniques et biologiques souvent asymptomatiques et prédisposant à un risque plus élevé de maladies cardio-vasculaires, de diabète. Ces anomalies sont toujours associées à un excès de graisse abdominale ou viscérale (car elle entoure les viscères digestifs) et se mesure grâce au tour de taille avec un mètre de couturière.

On le définit de la sorte : Association des signes suivants (selon les normes européennes)

  • Tour de taille > 88 cm pour les femmes et > 94 cm pour les hommes
  • Taux de triglycérides > 1,5 g/l
  • Hypertension Artérielle > 135/85 mmHg
  • Diabète connu ou glycémie à jeûn > 1g/l
  • HDL-cholestérol (qui est la fraction protectrice au niveau cardio-vasculaire de notre taux de cholestérol sanguin circulant) : < 0,4 g/l pour les hommes et < 0,5 g/l pour les femmes

Le diagnostic est porté si au moins deux de ces critères existent

Les patients peuvent par ailleurs suivre de façon très régulière leur tour de taille par eux-mêmes.

D’autres signes biologiques peuvent être présents tels que :

  • Une élévation de la CRP (C Reactiv Protein ) témoin d’un état inflammatoire
  • Une augmentation du taux  des enzymes hépatiques (transaminases) en rapport avec une stéatose hépatique (graisse entourant le foie).

La fréquence de ce syndrome est en progression et est tout à fait conséquente :

  • 17% des hommes et 12% des femmes en sont porteurs
  • On note beaucoup plus de cas dans le nord de la France que dans le Sud
  • Son incidence augmente avec l’âge

Les causes de survenue de ce syndrome sont multiples

  • Le surpoids/obésité
  • La sédentarité
  • Et l’insulino résistance

Qu’est ce que l’insulino résistance ?  L’insuline est une hormone produite par un organe de notre tube digestif : le pancréas. Cette dernière réduit le taux de sucre (glycémie) dans notre sang. L’insulino résistance est une incapacité de l’insuline à agir pour diminuer le taux de sucre dans le sang même si au début la glycémie peut être normale. L’évolution de l’insulino-résistance est le déficit de synthèse de cette insuline avec l’apparition d’un diabète de type 2. L’insulino-résistance est elle aussi favorisée par le surpoids, la sédentarité mais aussi par des facteurs génétiques prédisposants.

 

On retiendra en résumé que le syndrome métabolique a pour causes le surpoids/obésité, la sédentarité et la prédisposition familiale.

Pourquoi ce syndrome métabolique doit être dépisté et pris en charge de façon  rigoureuse ?  Parce qu’il augmente significativement la probabilité d’avoir des complications

  • Cardio-vasculaires : Infarctus du Myocarde, artérites, Accidents vasculaires cérébraux, mort subite, etc…Ainsi le risque de mourir d’un accident cardio vasculaire est 3,5 fois plus important que dans la population normale
  • Diabète de type 2
  • Pathologies du foie telles que la stéatose hépatique (foie gras) jusqu'à la cirrhose
  • Mais aussi syndrome d’apnée du sommeil et troubles gynécologiques tel que le SOKP (Syndrome des Ovaires Poly kystiques)

A noter que par ailleurs on a établi une probable augmentation du risque de développer un cancer du sein, de l’utérus, de la prostate et du colon mais aussi une maladie d’Alzheimer lorsque l’on est porteurs d’un syndrome métabolique.

                                                  

Quels sont les principes du traitement du syndrome métabolique ?

  • Mise en place d’un régime hypocalorique pour diminuer rapidement l’excès de poids et le tour de taille. On sait qu’une perte de 10% du poids corporel entraîne une perte d’environ 30% de cette graisse viscérale ou abdominale
  • On favorisera une alimentation équilibrée :
    • Riche en aliments à indice glycémique faible ( cf – Vos outils nutrition ) en limitant les sucres rapides  ( sucreries, chocolat, etc…)
  • Réduite en acides gras saturés particulièrement présents dans
    • Les charcuteries et le beurre 
    • Les fromages secs, gras et salés (pas plus de 30 g/j, soit l’équivalent de 1/8 de camembert) ;
    • Les produits transformés industriels prêts à consommer – plats préparés – sont souvent trop gras. Lire les étiquettes, au-delà de 10 g de graisses, appelées lipides, pour 100 g d’aliments (indiqué sur les étiquettes), un produit alimentaire peut être considéré comme  trop gras
    • Les viennoiseries, pâtisseries, biscuits, barres chocolatées…
  •  Limitée en consommation d’alcool : la consommation de 2 verres de vin/jour (riche en resvératrol, un anti-oxydant présent dans le vin uniquement) serait un protecteur cardio-vasculaire
  • Modérée dans ses apports en sel : 6g/jour maximum
  • Très riche en Fruits et Légumes (particulièrement dotés d’antioxydants)
  • Favorisant plutôt les acides gras polyinsaturés type Oméga 3 :
    • Poissons gras tels que maquereaux, saumons, harengs, thon, etc …
    • Huiles riches en omega 3 (de noix, noisettes, lin et colza mais aussi juile d’olive)
  • Riche en produits apportant de la vitamine B9  (un peu de salade quelle que soit sa variété chaque jour) pour lutter contre la présence en excès d’un acide aminé : l’homocystéine. En effet,  cette dernière pourrait être considérée comme un facteur de risque cardio-vasculaire au même titre que l’hypercholestérolémie

                 Au total d’un point de vue alimentaire, se rapprocher d’un régime méditerranéen riche en huile d’olive, noix, fruits et légumes, poissons et volailles associée à une consommation très modérée de vin rouge.

  • Contrôler son taux de vitamine D  et mettre en place une supplémentation si besoin (contribue au contrôle de la Tension Artérielle)
  • Pratiquer de l’activité physique à raison d’au moins 20 Minutes/jour (marche rapide par exemple)
  • Arrêter le tabac