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La boulimie

Le Dr Corinne Chicheportiche-Ayache, Médecin Nutritionniste à Paris (75116) présente et explique la boulimie.

La boulimie ou Boulimie à Poids Normal (BPN) est un Trouble du Comportement Alimentaire touchant essentiellement les femmes (8 femmes pour 1 homme), pour lequel le diagnostic est réalisé en moyenne vers 19-20 ans ; il concerne 3 à 5% des femmes jeunes.

Elle se caractérise par : (extrait DSM IV)

  • La survenue récurrente de crises caractérisées par
    • Ingestion en un temps court (<2h) de grandes quantités d’aliments
    • Sentiment de perte de contrôle (« c’est plus fort que moi »)
  • La mise en place de comportements destinés à compenser les prises caloriques pour éviter de prendre du poids : Prise de laxatifs, de diurétiques, pratique de jeûnes à répétition, prise de coupe-faim, pratique d’hyperactivité physique et recours aux vomissements provoqués
  • Les crises se répètent au moins 2 fois/semaine pendant 3 mois.
  • On note par ailleurs une forte altération de l’image de soi.

On parle de Boulimie à Poids normal car les accès boulimiques sont contre balancés par les comportements compensatoires  et permettent de maintenir un poids normal  (contrairement aux Boulimiques hyperphagiques ou BED qui n’ont pas recours aux techniques de contrôle du poids)

C’est une pathologie prédominante dans les sociétés occidentales.

Il existe un continuum entre ces deux pathologies que sont l’anorexie mentale et la boulimie à poids normal … Certaines anorexiques peuvent devenir anorexiques et à l’inverse  certaines boulimiques peuvent devenir anorexiques.

Comment cela se manifeste i il ?

  • Les crises sont favorisées par :                   
    • Exposition aux aliments qu’elle s’interdit, entraînant dés la première bouchée une forte culpabilité très anxiogène entrainant ainsi la crise de boulimie
    • Contexte émotionnel fort (joies, succès ou affects dépressifs)
    • Isolement social et/ou des pressions familiales
  • Les crises d’ingestion massive d’aliments concernent essentiellement les aliments gras salés et gras-sucrés en abondance. Elles se manifestent ainsi :
    • Soit de façon impulsive «  tout ce qui tombe sous la main »
    • Soit après avoir longuement prémédité la crise  (achats, préparation, conditions comme par exemple se mettre devant la TV)
  • Les crises se terminent par des vomissements provoqués (doigts dans la bouche, consommation de grandes quantités d’eau tiède, ou produits émétisants)
  • En  post crise, soit :
    • La patiente nettoie tout (vaisselle, emballages vides) et s’endort dans une certaine béatitude
    • La patiente est épuisée et s’endort dans le désordre voir dans une accumulation de déchets.
  • En post crise, la patiente est à la fois :
    • D’un point de vue psyhologique : Souvent déprimée, rongée par les remords et la honte, se sent coupable et peut présenter parfois des idées suicidaires
    • D’un point de vue alimentaire : Elle peut se mettre en restriction de façon plus ou moins consciente.

                                                                 

Les complications de ces crises de boulimie sont

  • Des troubles hydro-électrolytiques (défaut de potassium et de sodium  dans le sang) consécutifs aux vomissements, aux prises de diurétiques et aux laxatifs
  • Des érosions de l’email dentaire qui peuvent être très invalidantes
  • Des glandes parotides très développées en rapport avec l’hyper-salivation des vomissements provoqués
  • Des brulures de l’œsophage par le liquide gastrique à cause des vomissements à répétition  (Reflux Gastro Oesophagien, oesophagite, etc .. )
  • Des carences nutritionnelles et de la malnutrition chronique
  • Un impact psycho social qui peut être important : Peur irraisonnée de grossir, culpabilité et honte, isolement social et professionnel, etc …

 Le diagnostic au delà des symptômes cliniques peut être réalisé grâce a un  questionnaire

(Bulimic Investigatory Test)

Le traitement repose  sur

  • La prise en charge de l’aspect somatique :
    • Traitement des complications (cf plus haut)
    • Mise en route d’un traitement  type  fluoxétine (Prozac) ou naltrexone ( Revia)
  • La prise en charge de l’aspect psychothérapeutique :
    • On aura recours a différentes psychothérapies parfois complémentaires : Thérapie cognitivo-comportementale,  thérapie analytique, thérapie motivationnelle, thérapies familiales, etc …