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Nutrition & Dyslipidémies ( Cholestérol et Triglycérides)

Médecin nutritionniste à Paris 16ème, le Dr Chicheportiche-Ayache vous présente la dyslipidémie( excès de cholestérol et/ou triglycérides). 

Définition :

 L’hyperlipidémie est le fait d’avoir un taux élevé de lipides (produits gras) dans le sang, incluant le cholestérol et les triglycérides. Elle est asymptomatique, hormis dans les formes familiales très massives. Son diagnostic ne reposant que sur les résultats d’une prise de sang, elle n’est pas perçue par la population comme une véritable pathologie.

Hyperlipidémie et complications cardio-vasculaires :

Cet excès de lipides contribue à la formation de la plaque d’athérosclérose sur les artères dont on connaît les complications redoutables d’un point de vue cardio-vasculaire (Infarctus du myocarde, Accidents Vasculaires cérébraux, artérites, etc…). Le cholestérol se dépose sur les parois puis finit par y pénétrer. Un phénomène d’inflammation  se met en place autour de ce noyau de cholestérol favorisant l’accumulation de substances diverses créant ainsi la plaque d’athérome. Cette plaque au contact du sang pourra être le siège de la formation d’un caillot qui pourra soit obturer l’artère (infarctus du myocarde si le siège de l’obsturation est une artère coronaire) soit migrer et réaliser une embolie (Accident vasculaire cérébral).

Origines des lipides sanguins :

Le foie produit la grande majorité du cholestérol utilisé dans le corps. Le cholestérol  est un  composé indispensable à notre organisme : ainsi, il joue un rôle majeur dans la composition des membranes de nos cellules et dans celle des hormones sexuelles. Le reste provient de l’alimentation et particulièrement des produits d’origine animale. Ce sont les aliments riches en acides gras saturés  (produits laitiers gras, viandes grasses et beurre par exemple)  et en acides gras trans (margarines hydrogénées, gâteaux industriels et apéritifs) qui font augmenter le taux de mauvais « cholestérol » (LDL-cholestérol). Le HDL cholestérol est qualifié de «  bon cholestérol » car il ramène le cholestérol vers le foie pour qu’il y soit détruit ; il « nettoye » en quelque sorte les artères. On sait néanmoins que la contribution du cholestérol alimentaire dans le taux de cholestérol total est de plus en plus contestée. Une prédisposition génétique, la sédentarité et le tabac peuvent aussi élever le taux de cholestérol.

Les Triglycérides eux sont produits lorsque l’on ingère de grosses quantités d’alcool et de sucres rapides (confiseries, gâteaux, confitures et sucreries diverses). Le foie transforme ces sucres en triglycérides. Ainsi même si les triglycérides sont un type de lipides, leur présence en excès dans le sang ne provient pas d’une surconsommation de gras alimentaires mais plutôt des excès de sucres rapides.

La corrélation entre triglycérides et maladies cardio-vasculaires est moins clairement établie. On sait néanmoins que c’est un des facteurs de risque du syndrôme métabolique.

En résumé, les facteurs prédisposant à la survenue d’une hyperlipidémie sont :

  • Le tabagisme
  • Une alimentation riche en gras et en sucre
  • La consommation d’alcool
  • L’obésité
  • Le manque d’activité physique
  • Un tour de taille élevé
  • Mais aussi certaines maladies comme l’hypothyroïdie et l’insuffisance rénale chronique peuvent entrainer des taux élevés de cholestérol

Bilan d’une hyperlipidémie :

 On réalise un bilan lipidique par prise de sang dans laquelle on mesure :

  • Le LDL-cholestérol (LDL-c) ou « mauvais cholestérol »
  • Les Triglycérides
  • Le HDL- cholestérol ou «  bon cholestérol »
  • Le Cholestérol total

Comment évaluer ces taux ?

Il n’existe pas une valeur référence unique du taux de cholestérol. On évalue le taux de cholestérol par rapport à la présence de risque cardio vasculaires.Le niveau d’exigence pour réduire le taux de LDL-cholestérol dépend de ces derniers.Les résultats transmis par les laboratoires d’analyses médicales font apparaître les objectifs a atteindre en regard du nombre de facteurs de risque

Les facteurs de risque cardio-vasculaires sont :

  • Age : Homme > 50 ans et  Femme > 60 ans
  • Antécédents familiaux de maladie coronaire à un âge précoce (hommes < 55 ans et femmes > 65 ans)
  • Tabagisme actif ou arrêt depuis au moins 3 ans
  • Hypertension Artérielle
  • Diabète
  • HDL-cholestérol < 0,4 g/l

On considère comme patients à haut risque cardiovasculaire :

  • Ceux qui ont des antécédents d’infarctus du myocarde, d’AVC ou d’artérite
  • Les diabétiques avec une atteinte rénale ou ayant deux facteurs de risque cardio-vasculaire (cf plus haut)

Pour ces patients à haut risque : le LDL-cholestérol doit être inférieur à 1 g/l

En l’absence de facteur de risque cardio-vasculaires : le LDL-c doit être inférieur à 2,2 g/l

Si on a uniquement un facteur de risque : le LDL-c doit être inférieur à 1,9g/l

Si on a deux facteurs de risque cardio-vasculaires : le LDL-c doit être inférieur à 1,6 g/l

Si on a trois facteurs de risque cardio–vasculaires : le LDL-c doit être inférieur à 1,3 g/l

Quelles sont les recommandations nutritionnelles en cas de dyslipidémie ?

Les mesures hygiéno-diététiques sont à mettre en œuvre en premier lieu. En cas de non atteinte de l’objectif de LDL-c défini pour le patient, on pourra mettre en route un traitement médicamenteux

  1. Mesures nutritionnelles
  • Il convient de diminuer la quantité totale de matières grasses ingérées : maximum 35% des calories totales ingérées
  • Réduire les apports en produits riches en acides gras saturés et trans:
    • Viandes à plus de 10% de MG
    • Fromages à plus de 20% de MG
    • Huile de coco et de palme (présents dans les gâteaux industriels)
    • Lait entier et crème fraiche
    • Beurre et saindoux
    • Pates à tarte et viennoiseries
    • Pâtisseries
    • Fritures
  • Modérer la consommation des produits riches cholestérol. Le cholestérol de source alimentaire n’est pas essentiel puisque l’organisme peut en fabriquer. Il est essentiellement présent dans les produits animaux.Il a tendance à faire monter le LDL-c lorsque qu’il est accompagné de produits riches en acides gras saturés ( cf plus haut). Les aliments riches en cholestérol et pauvres en acides gras saturés peuvent donc être consommés modérément.
    • Œufs
    • Abats : Foie, cervelle et cœur de bœuf
    • Crevettes et écrevisses (surtout les têtes !)
  • Privilégier le recours aux produits gras riches en acides gras mono- insaturés qui ont le mérite de réduire le taux de LDL-cholestérol :
    • Huile d’olive
    • Avocat
    • Amandes, noisettes, pistaches, noix de cajou, du Brésil et de Macadamia
  • Modérer la consommation de produits riches en acides gras polyinsaturés type oméga6 qui font diminuer le mauvais cholestérol (LDL-c) mais font aussi diminuer le bon cholestérol (HDL-c)
    • Huile de tournesol
    • Huile de mais
    • Huile de pépin de raisin
  • Favoriser les produits riches en acides gras polyinsaturés type oméga3
    • Huile de colza, soja, noix, noisettes, lin, germes de blé
    • Noix et oléagineux
    • Soja
    • Poissons gras et crustacés
  • Augmenter les apports en fibres solubles. Ces fibres se lient au cholestérol dans l’intestin et en limitent l’absorption
    • Son et flocons d’avoine
    • Mangue
    • Cœurs d’artichauts en conserve
    • Choux de Bruxelles
    • Haricots cuits (noirs, rouges, blancs)
    • Céréales All Bran
    • Pommes et oranges
  • Privilégier les glucides complexes (ou glucides lents  
    • Pain complet et pains à grain entier
    • Boulgour
    • Riz brun
    • Riz sauvage
    • Quinoa
    • Orge
    • Millet
    • Pâtes ou riz au blé complet
    • Légumineuses : Fèves, pois-chiche, lentilles, haricots rouges, blancs et noirs
  • Intégrer à son alimentation des produits riches en phytostérols  .Une diminution du LDL-cholestérol est observée avec 2 g à 2,5 g de stérols végétaux par jour. C’est ainsi que les industriels de l’agroalimentaire ont développé des margarines enrichies en stérols végétaux à l’attention des personnes ayant un excès de cholestérol Attention, consommer des produits riches en phytostérols ne suffit pas à régler les problèmes de cholestérol.
  • Augmenter la consommation de soja (lait et yaourt de soja, tofu, tempeh, etc…)
  • On peut aussi intégrer de la levure de riz rouge dont le principe actif est une statine ( cf – traitements médicamenteux – plus bas).

2.  Exercice Physique : ses effets sont multiples. On recommande la pratique s’au moins 30 minutes/jour d’activité physique modérée (exemple : marche rapide)

  • Baisse des Triglycérides
  • Elévation du HDL-cholestérol
  • Stabilisation de la perte de poids

3. Traitements médicamenteux

  • Ils sont obtenus sur prescription médicale
  • Il existe 5 familles
    • Les statines : elles diminuent le taux de LDL-c et ont démontré une efficacité en terme de réduction de morbidité et mortalité cardio-vasculaire chez les patients ayant des antécédents cardio-vasculaires
    • Les résines, molécules très anciennes et pratiquement plus utilisées
    • Les fibrates actifs sur les hypertriglycéridémies
    • Un inhibiteur de l’absorption intestinale du cholestérol  (ezetimibe)
    • La niacine à l’usage très limité au secteur hospitalier