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Anorexie Mentale

Le Dr Corinne Chicheportiche-Ayache, Médecin Nutritionniste à Paris (75116) détaille l'anorexie mentale.

Anorexie Mentale

Quelques anorexiques célèbres : Sissi Impératrice d’Autriche ( photo ci contre), Catherine de Sienne, Simone Weill la philosophe ...

  • Une pathologie bien plus fréquente chez les filles que chez les garçons (9 pour 1) avec un âge moyen de diagnostic à 16 ans même si on diagnostique de plus en plus de cas masculins
  • Un seul objectif pour ces patientes anorexiques : une volonté absolue et pathologique de contrôler leur poids corporel
  • Professions à risque : Jockeys, mannequins, gymnastes, danseuses classiques

 

  • Quelles sont les caractéristiques de cette pathologie ?
    • La patiente initialement lutte contre la faim (restrictions alimentaires sur les quantités ) mais aussi par le choix des aliments évitant principalement tout ce qui est sucré et gras.
    • La faim s’estompe progressivement (anorexie) donnant à la patiente un sentiment de satisfaction qui lui donne la force de majorer encore ce contrôle
    • L’amaigrissement devient alors tout à fait notable  et un Indice de Masse Corporelle (IMC)< 14 est un critère de gravité imposant une prise en charge urgente
    • Cet amaigrissement n’est pas perçu par la patiente  qui est dans un déni complet de sa maigreur (anosognosie) et présente une véritable  altération de son image corporelle appelée dysmorphophobie ( se voit énorme et diforme).
    • La maigreur importante peut entrainer une disparition des règles (aménorrhée secondaire ) ou une non apparition des règles pour les patientes plus jeunes (aménorrhée primaire ).

 

  • On retrouve par ailleurs aussi très régulièrement 
    • Une hyperactivité physique  (beaucoup de sport, de marche, etc …)
    • Un surinvestissement intellectuel (profil bonne élève)
    • Un profil de personnalité assez perfectionniste
    • Un manque de confiance en soi (défaut d’assertivité)
    • Une expression des émotions assez limitée (alexithymie)
    • Des Troubles psychiques associés tels que  les Troubles Obsessionnels Compulsifs, les troubles addictifs ou les troubles de l’humeur ou phobiques.
    • Quelles sont les manifestations de cette anorexie ?
      • Soit une forme dite restrictive pour laquelle les patientes réduisent fortement leur quantité d’aliments  et font un tri très sélectif des aliments « autorisés » (exclusion d’une ou plusieurs catégories d’aliments, alimentation exclusive de produits allégés, etc...)
      • Soit une forme dite «purgative » (ou Anorexie-Boulimie) qui associe aux restrictions décrites plus haut des pratiques destinées à assurer le contrôle du poids (vomissements provoqués, prise de laxatifs et/ou diurétiques et/ou coupe-faim et/ou lavements, restriction hydrique ou à l’inverse consommation de très grandes quantités d’eau (potomanie). L’objectif est ici de mettre en œuvre toutes les stratégies destinées à  contrôler son poids.

                                                     

  • Comment  les patientes  basculent-elles  dans l’anorexie ?  Le point de départ est souvent un régime hypocalorique qui a mal tourné ou  une peur de grossir importante telle que chez les sportives de haut niveau qui mettent  ainsi en oeuvre toutes les stratégies possibles,se donnant ainsi l’illusion de totalement maîtriser leur poids.  Les sociologues décrivent des mécanismes d’influence socio-culturelle participant à la construction de l’image corporelle dès le plus jeune âge : le modelling (on « copie » sur les autres)  et le renforcement social (on recherche l’appréciation des autres). Ainsi, on comprend donc comment de tels mécanismes peuvent jouer un  rôle important dans la survenue de l’anorexie mentale où la construction de l'image corporelle est altérée. L’impact majeur sur ces jeunes filles des magazines et médias qui véhiculent des stéréotypes représentant l’idéal de minceur est par ailleurs très fort. Des études scientifiques mettent en exergue des niveaux énormes d’insatisfaction corporelle (plus de 40%) chez les jeunes filles  entre 16 et 18 ans  et la mise en œuvre de premiers régimes dés le plus jeune âge favorisant le risque de survenue d’une anorexie mentale. C’est ainsi que dans les sociétés occidentales le nombre de patientes anorexiques est en constante augmentation. Rappelons par ailleurs l’existence de mouvements « pro ana » qui revendiquent l’anorexie comme un mode de vie et non comme une maladie et encouragent ainsi les jeunes filles dans la maigreur. Des projets de lois pour interdire ces mouvements ont été à l’étude en France mais n’ont jamais abouti et ce, contrairement à d’autres pays.

                                                               

  • Les complications de cette pathologie, considérée comme la pathologie psychiatrique la plus à risque d’un point de vue somatique, sont nombreuses :
    • Complications liées à la dénutrition (défaut d’apport en macro et micronutriments avec des états carentiels pouvant être très sévères)
      • Retard de croissance
      • L’ostéoporose (défaut de minéralisation des os)
      • Risque infectieux
      • Infertilité
      • Risque cardiaque par diminution de la masse musculaire cardiaque
      • Cutanés avec apparition d’hématomes voir d’escarres dans les formes les plus sévères
      • Oedemes des membres inferieurs
      • Infections aigues et chroniques
      • Digestives avec constipations chroniques
      • Etc...
    • Complications liées aux stratégies mises en place pour contrôler le poids
      • Hypokaliémie (baisse du taux de potassium dans le sang en rapport avec les vomissements à répétition) entrainant des risques cardiaques importants
      • Hyponatrémie (baisse du taux de sodium dans le sang) dans les cas de potomanie ( prise de très grandes quantités d’eau)
      • Erosions dentaires
  • Un certain nombre de critères de gravité sont identifiés sur la base de ces paramètres en plus de l’Indice de Masse Corporelle. Ce sont de précieux indicateurs pour les équipes  soignantes.

 

  • Comment sont prises en charge ces patientes ?
    • La prise en charge est pluridisciplinaire
    • Elle s’efforce tout d’abord d'obtenir une reprise de poids convenable (soit par alimentation par voie orale ou par sonde naso-gastrique dans les formes les plus sévères). Cette lutte contre la dénutrition permet de réduire le risque de complications ( cf plus haut ) mais aussi de retrouver un état psychique compatible avec la mise en oeuvre du second volet de l’aspect thérapeutique,  la psychothérapie
    • Différentes psychothérapies parfois complémentaires peuvent être mises en place dans un second temps : Thérapie cognitivo comportementale,  thérapie analytique, thérapie motivationnelle, therapies familiales mais aussi toutes les déclinaisons de l’art-thérapie.